Test de For Honor PS4 et Xbox One : Quand Ubisoft fait dans la violence

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Lorsque l’on pense aux jeux très nerveux et violents, l’on ne pense pas forcément à Ubisoft, puisque l’éditeur et développeur, même s’il sait se tourner vers différents genres, n’aura encore jamais livré une telle expérience, une expérience qui rentrera dans les livres d’histoire, tant les combats sont sauvages, violents, accessibles, mais pourtant très techniques, où la moindre erreur pourrait bien vous coûter votre aventure.

For Honor, sur Xbox One, PS4 et PC, est alors un jeu au contexte tout sauf historique, mais qui bénéficie de la force d’Ubisoft dans le milieu, puisque le Français aime allier les expériences avec l’histoire ; inutile d’évoquer la licence Assassin’s Creed par exemple. Ici, l’on retrouve trois nations différentes que tout opposent, trois nations historiquement décalées, avec les chevaliers, les samouraïs et les Vikings. Pourtant, l’union de ces trois civilisations permettra de conter un récit assez intéressant, fait de guerres et de duels, où l’happy ending n’est peut-être pas à l’ordre du jour. Alors qu’Ubisoft aimait se concentrer sur des faits historiques dans ses jeux, force est de constater que ces derniers sont absents, mais qu’à cela ne tienne, l’on se laisse prendre au jeu et c’est avec un entrain non-dissimulé que l’on évoluera dans les différents chapitres nous racontant l’histoire de la guerre, et nous mettant dans la peau de nombreux héros.

Autre tournant radical de la part d’Ubisoft, For Honor ne possède pas un univers vaste et incroyablement ouvert, peuplé d’activités annexes, mais propose des espaces assez confinés, faisant l’ode de la brutalité à l’état pure, où les duels avec vos ennemis sont légions. Ici, l’on retrouve alors un titre de combats au corps-à-corps où la patience est la vertu du plus faible des joueurs, qui pourraient même réussir à renverser l’habitué du multijoueur, si tant est qu’il possède des réflexes assez aiguisés. Car oui, et avant de se pencher plus en détails sur For Honor en lui-même, l’on notera ces combats radicalement techniques, où l’impatience pourrait bien vous mettre à terre. Dans la peau de différents héros ; qui possèdent tous leur style de combat (ndlr : nous avons d’ailleurs un véritable coup de cœur pour les samouraïs), le joueur devra évoluer dans de multiples récits, venant tous raconter ; d’un point de vue différent, une guerre totale entre les civilisations, qui ne semble pas amener la paix, loin de là. Son mode campagne, qui apparaît alors plus comme le mode entraînement de For Honor, est un juste défi avant de se lancer pleinement dans le multijoueur, qui reste le point le plus accrocheur ; et le mieux travaillé du titre d’Ubisoft.

En incarnant les chevaliers, les Vikings, et les samouraïs, le joueur pourra alors découvrir un panel de héros varié, possédant des défauts, comme de nombreux avantages. Si le samouraï ne frappe pas réellement très fort, il possède une vitesse et une justesse dans ses coups, capables de faire pâlir le plus puissant ; mais très lent, Viking. Ici, tout est question de dosage et de patience, et il ne sera pas rare de voir le novice frapper à tout-va, vider sa jauge d’endurance, et être à la merci de son adversaire, plus patient dans ses mouvements. Si For Honor est un exemple de brutalité, il parvient également à brillamment doser ses combats rapprochés, tout en permettant au plus grand nombre de ne pas se sentir floué par l’expérience vécue. Avant de revenir sur la jouabilité en elle-même, faisons un petit détour du côté de l’esthétisme, un point qui fait, une fois n’est pas coutume, honneur à Ubisoft.

Si l’on sait que les productions Ubisoft sont très souvent abouties graphiquement, For Honor ne vient aucunement déroger à la règle. Certes, les environnements sont plus réduits et confinés que dans les autres titres d’Ubisoft, mais ils parviennent à constamment éblouir le joueur. Que l’on évolue dans un marais, une montagne enneigée ou une cour de château, tout est flamboyant et détaillé, et les seules petites imperfections que l’on pourra constater seront très vite effacées en regardant au loin. For Honor est enchanteur, tout en étant gore, et l’on appréciera également les animations et les nombreux détails des personnages, même si certains semblent avoir oublié pourquoi ils sont là. Du reste, les cinématiques sont sublimes et viennent ponctuer la narration de la meilleure des façons, mais l’on regrettera quelques textures un peu plus grossières que ce que nous étions en droit d’attendre, surtout dans des lieux finalement assez restreints.

Test de For Honor PS4 et Xbox One : Quand Ubisoft fait dans la violence

Sur le plan de la jouabilité, l’on pouvait presque avoir peur, lors de l’annonce et des premières images du jeu, d’un manque de technique et d’un certain laxisme dans les combats. Pourtant, manette en main, Ubisoft a réalisé son défi de la plus belle des manières et nous gratifie d’une jouabilité jouissive, où seules les erreurs du joueur pourront faire pester. Si le titre ne prend jamais à défaut, c’est bien car ce dernier prône la loi de la patience et celle de l’anticipation. Réussir à parer ; ou mieux encore, à contrer, une attaque est souvent synonyme d’un revirement de situation favorable, tandis qu’un brise garde peut s’avérer salvateur pour décrocher une victoire en quelques secondes. Lorsque deux classes s’affrontent, For Honor décuple son sens de stratégie et l’on retrouve un titre qui possède bien des aspects d’un bon jeu de combat (feintes, gardes, esquives, brise-gardes, projection, annulation, …). Certes, ce n’est pas réellement le rôle de For Honor, mais c’est bien ce qui fait son charme, et qui permet de vivre des moments uniques, marquants et intenses. En revanche, et si les duels sont remarquablement mis en lumière, l’on aura un peu plus de mal devant les affrontements face aux armées adverses, puisque For Honor prendra des airs d’un Dynasty Warriors, la saveur en moins. Trop peu de sensations sont à noter lors de ces séquences, et l’on cherchera alors bien vite un général ennemi, histoire de retrouver une certaine émotion. Notons également que si le personnage bouge vraiment bien, l’on regrettera que ce dernier soit incapable d’escalader une simple marche trop haute ; assez frustrant lorsque l’objectif est devant vous, mais que vous devez vous acquitter d’un détour pour le rejoindre.

Sur l’ambiance sonore, For Honor parvient encore une fois à livrer une expérience convaincante, mais à la seule condition de faire abstraction des doublages, qui ne sont pas toujours dans le bon ton. L’ennemi emblématique du titre ; et qui aime se surnommer la Guerre, n’est pas toujours très convaincant, à l’inverse des autres personnages, plus enjoués et tragiques. Heureusement, certaines des musiques ; épiques, parviennent à faire passer la pilule, de quoi s’immerger toujours plus profondément dans l’envoûtant ; et dégoûtant, univers de For Honor.

Si le mode solo ; également jouable en coopération, apparaît plus comme un entraînement grandeur nature, avec ses compétences à équiper, ses niveaux à augmenter et autres bonus à récupérer sur les différents champs de bataille, vous tiendra en haleine durant une dizaine d’heures ; cinématiques comprises, c’est bien le multijoueurs qui occupera vos journées, mais aussi vos nuits. En solo, l’on appréciera prendre en main la classe de nos futurs personnages multijoueurs, et, avec de multiples objets à découvrir dans les niveaux, l’on aimera y retourner sans sourciller ; cela permettant d’ailleurs de s’exercer toujours plus à la terrible épreuve du multijoueurs qui attend le joueur nouveau. En multijoueur justement, For Honor délivre toutes les intentions d’Ubisoft, d’offrir un titre radicalement orienté multijoueurs et plus que convaincant pour l’occasion. Dans les différents modes de jeu, il sera toujours question d’éliminer vos adversaires ou de prendre possession du plus de zones que possible. Sans chambouler le genre, For Honor parvient à radicaliser une action frénétique et offre, dans le même temps, son lot de stratégie appréciable, surtout entre amis. Pour mieux appréhender les joutes, l’on ne pourra alors que vous conseiller de vous lancer dans la customisation des armes et armures, notamment pour augmenter votre défense ; surtout si vous utilisez un personnage rapide, mais très peu viable, ou votre attaque, afin de rendre toujours plus meurtrier un viking déjà barbare à souhait.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que For Honor est aussi fun à parcourir, que jouissif à maîtriser. Jamais l’on notera le côté rébarbatif de la tâche, puisque les héros sont très différents les uns des autres et possèdent, chacun, un côté que l’on qualifiera d’attachant. Se perfectionner aux combats sera très vite votre lot quotidien, mais n’oubliez pas, la patience sera votre meilleure arme ; ça, ainsi que vos réflexes, les esquives et les différents combos, qu’ils soient rapides ou lents, mais très puissants. Si For Honor dévoile ses charmes d’entrée de jeu, il vient peaufiner et ajuster ses courbes au fil des heures, de quoi vous faire saliver d’envie à chaque combat.

Au final, For Honor peut se vanter de mélanger ; et avec brio, trois civilisations qui n’avaient rien à faire ensemble, de les sublimer, et d’en faire de véritables machines de guerres, techniques et odieusement farouches. Si l’on fait abstraction du mode campagne ; qui a toutefois le mérite de proposer une histoire et un juste entraînement ponctués par de brillantes cinématiques, et de quelques légers soucis techniques, il ne fait nul doute que l’on passe un temps plaisant sur le dernier-né d’Ubisoft, qui offre des combats techniques et un aspect stratégique appréciable, tout en variant au maximum les différents héros et leur façon de se comporter pour apporter une cohérence plaisante à l’univers.

Verdict !

     
Graphisme

Alors que les personnages fourmillent de détails ; et sont très conséquents à l’écran, et que les différents environnements sont superbement modélisés, l’on ne regrettera que quelques textures plus grossières ; pas de doute en revanche, l’on est bien devant un jeu Ubisoft.

18 / 20
     
Jouabilité Nerveuse et technique à souhait, la jouabilité est un exemple pour tous, que l’on soit joueur chevronné ou amateur du dimanche. La patience et les réflexes sont les meilleures armes pour s’adjuger une victoire, mais l’on pestera sur l’impossibilité de grimper du personnage.
 17 / 20
     
Bande Son
Si les musiques et les bruitages renforcent l’immersion dans ces paysages de guerres, certains doublages semblent plus en retrait, et c’est bien dommage.
 15 / 20
     
Contenu
Comptez une dizaine d’heures (cinématiques comprises) pour le mode solo ; qui s’apparente finalement plus à un entraînement, une rejouabilité certaine, de l’équipement à améliorer, des objets à trouver, des niveaux à grimper et de nombreux héros à maîtriser en multijoueurs, et vous ne compterez bientôt plus les heures passées.
 16 / 20
     
Fun Une fois pris au jeu, il peut être difficile de lâcher la manette, qu’on le veuille ou non. Alors qu’il semblait très basique, mais tout de même prometteur, lors de son annonce, force est de constater que For Honor est une perle de simplicité, n’oubliant en rien son aspect technique, stratégique, et jouissif. 17 / 20
     
   Conclusion  
     
Les plus
  Les moins
Le mélange des univers   Certains doublages
La technicité des combats   De légères lacunes de gameplay
Les héros   Pas une vraie campagne solo
Graphiquement très beau !  
Note Finale
  16/20
Le mode histoire est très anecdotique et l’on cherche encore l’intérêt de ce dernier, en dehors de nous apprendre les bases et de nous permettre de toucher à tous les personnages. Heureusement, les cinématiques valent le détour et sont appréciables. Une fois lancé dans le multijoueurs, c’est un autre constat qui se dresse, celui d’un jeu technique, où les succès du joueur face à ses adversaires seront le fruit d’un entraînement acharné, mais ô combien jouissif !

XCh4oSX

Joueur invétéré, j'aime changer d'univers et reste à la constante recherche du successeur de Shenmue ; bien sûr, je n'oublie pas Yakuza et Persona, ni ces chers Sonic et Conker.

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