Test de Yakuza Zero sur PS4 : Un prologue jouissif à la série

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Présente sur PS3 depuis de nombreuses années, la licence aura réussi le pari de s’imposer à chacune de ses sorties. Si le Japon possède une incroyable avance sur les titres présents en rayons, il faut dire que Sega aura su réagir, en constatant le succès de sa série sur le sol Européen. C’est donc avec un certain plaisir, que l’on se plonge dans l’aventure de Yakuza Zero, en attendant Yakuza Kiwami, le remake du premier opus, prévu pour l’été 2017.

Dans Yakuza Zero, le joueur est transporté avant les évènements contés dans le premier opus de Yakuza. S’il peut être compliqué de suivre l’histoire à travers les nombreuses sorties ; surtout à cause du décalage avec le Japon, l’on ne pourra que savourer chacune des lignes des dialogues, tant ces derniers se veulent prenant, et percutant par endroits. Alors que vous incarnez Kiriu, un Yakuza accusé d’un meurtre que vous n’avez pas commis, il ne vous faudra pas longtemps pour découvrir que tout cela est le résultat d’une mascarade. Vous quitterez la famille, et, en tant que simple citoyen, tenterez, tant bien que mal, de découvrir qui vous a piégé. Dans la licence Yakuza, l’histoire est très souvent maîtresse des actions et des pérégrinations que l’on effectue dans cette « modeste » ville de Tokyo. S’il se plaît à être une sorte de survivant de Shenmue, l’on pourra saluer la justesse des récits et autres punchlines bien senties.

Car oui, dans tous les Yakuzas qui se respectent, l’histoire est essentielle au bon fonctionnement de l’aventure, à tel point qu’il n’est pas rare de se laisser prendre à imaginer la suite des évènements, lorsque ces derniers ne sont pas trop prévisibles. Sur ce point-là, Yakuza Zero reste tout aussi bon que ses aînés, et se laisser transporter par les nombreuses cinématiques ne sera jamais forcé, tant l’histoire qui se dévoile est saisissante. Si l’on devait rester encore un peu dans le quartier, l’on soulignera les dialogues des quêtes annexes, tous travaillés à l’extrême, et se permettant même un grain de folie appréciable, capable de nous arracher des sourires (ndlr : on parle de Miracle Johnson, cette caricature de Michael Jackson et ses zombies ?). Pourtant, et replaçons les choses dans leur contexte, Yakuza Zero est sortit en 2015 au Japon, ce qui ne fait que renforcer cette impression grandiose que l’on ressent, manette en main, en attendant fébrilement que les derniers opus daignent se montrer chez nous.

Justement sorti en 2015 sur les PS3 et les PS4 Japonaises, Yakuza Zero pouvait apparaître assez fébrile graphiquement en Europe, deux ans après sa sortie réelle. Mais qu’en est-il ? En fait, le joueur habitué à prendre les devants avec les Yakuzas ne le sait que trop bien, pour vivre une telle aventure, c’est sur la PS3 qu’il fallait être et, dès lors, un passage d’un titre sur PS4 ne pouvait qu’être plus attrayant. Sur le papier, le fait est accompli et l’on retrouve des textures fines et des personnages très bien modélisés, notamment lors des cinématiques. En revanche, l’on ne pourra que souligner que d’autres PNJ n’auront pas bénéficié du même traitement de faveur et l’on pourrait presque se croire revenu en début de vie de la PS3. Assez rare, l’on pourra aussi constater un clipping assez perturbant par moment (surtout lorsque l’on court) et quelques baisses de forme avec un framerate parfois à l’agonie. Qu’on se le dise, cela ne ternit en rien l’expérience, puisque, globalement, Yakuza Zero se veut assez joli, avec une mention spéciale lorsque la nuit est là et que les lumières brillent dans les rues et devant les boutiques.

Question jouabilité, Yakuza Zero offre certainement ici les combats les plus nerveux que l’on a rencontrés à ce jour dans la licence. Toutefois, et avec cette nervosité, l’action n’est pas toujours très lisible, et l’on aurait préféré un système de contres et d’esquives plus percutant, d’autant que certains styles de combat ne plairont pas à tout le monde, la faute à quelques justesses techniques. Si les trois styles de combats de Kazuma ne feront peut-être pas l’unanimité ; même améliorés grâce à des millions et des millions de yens ; la nouvelle façon d’upgrader son personnage dans Yakuza Zero, l’on sera, en revanche, surpris et ébloui par les styles de combat de Majima (2e perso, à Osaka), intenses, fluides, rapides et très techniques. Ici, la palme ne peut que revenir au style de combat inspiré de danse, qui reste, à ce jour, l’un des modes les plus imposants et qui ne sera pas sans rappeler une autre technique de combat, plus alcoolisé. Pour le reste, les déplacements se font à la seconde et l’on ne sera jamais pris au dépourvu d’un caprice de la manette. Le bilan est le même pour les menus, clairs et simples. Finalement, il est assez difficile de trouver un défaut de jouabilité certain à Yakuza Zero, d’autant que cette dernière est assumée à chaque moment, y compris dans les mini-jeux comme le billard ou le bowling.

Test de Yakuza Zero sur PS4 : Un prologue jouissif à la série

Très bon jusqu’à présent, Yakuza Zero fait encore plus fort du côté de la bande-son, qui sait interpeller le joueur quand le besoin s’en fait sentir. Alors que les cinématiques sont brillamment doublées en Japonais, l’émotion peut se faire sentir, et, si cela ne suffisait pas, la musique jouée réussira, à elle seule, à nous faire comprendre la tristesse ou l’hilarité d’un évènement. Même si l’on ne désire pas être dithyrambique à l’égard de Yakuza Zero, l’on ne peut que constater que tout, ou presque, est travaillé de la meilleure des manières. Les combats possèdent leur propre rythme, avec une musique qui n’est pas sans rappeler Street of Rage, tandis que les nombreuses boutiques et restaurants offrent un cachet plus véritable que jamais. Car oui, si l’histoire est prenante, c’est aussi grâce à un lieu vivant, malgré une zone de jeux finalement trop restreinte, et qui serait presque le seul défaut que l’on pourrait mettre en avant dans cette licence.

Oui, l’espace est confiné et en faire le tour à pied peut être très rapide, mais Yakuza, comme Shenmue, possède bien plus d’éléments et de lieux dans une centaine de mètres carrés, qu’un titre open-world, vide sur des kilomètres, comme nous en avons déjà connus. Ici, tout invite au plaisir, à la découverte et à la liberté, que ce soit une petite boutique située au coin de la rue et dans laquelle nous pouvons acheter nos doses de médicaments et autres alcools, jusqu’à ce bar mal famé, mais qui possède un charme certain. Certainement la plus grande force de la licence Yakuza, la liberté est toujours convaincante dans ce Yakuza Zero, même si de nombreux lieux rappelleront des souvenirs à beaucoup de joueurs. C’est toujours avec entrain que l’on se perfectionnera aux fléchettes, au billard, au bowling, au karaoké ou même à la danse, entre deux courses de voitures miniatures et autres parties de Space Harrier et OutRun. Voilà la force de Yakuza Zero, un impact positif constant sur le moral du joueur, qui oubliera bien vite sa quête principale (ndlr : doit-on parler des vidéos érotiques ?). Dans de telles conditions, l’on oublierait presque que l’on peut envoyer des agents aux quatre coins du monde pour nous apporter des matériaux de craft pour de futurs objets, investir dans l’immobilier, se procurer des rencards, ou assister à des combats de catch féminin ; un lourd programme en perspective, mais qui permettra de fondre avec brio dans l’ambiance du Japon de la fin des années 1980.

Réussir à évoquer tout le contenu de Yakuza Zero prendrait un temps fou et vous pouvez être sûr que l’on parviendrait encore à oublier des points cruciaux et des clins d’œil admirables. Malgré cela, l’on ne peut qu’être certain que le fun que procure Yakuza Zero ; et la licence Yakuza dans sa globalité, est bien présent et ne baisse jamais vraiment en intensité. Épisode fort et admirable à tout point de vue, Yakuza Zero est l’une de ces pépites que l’on cherche, parfois pendant plusieurs années. Alors oui, il faut réussir à s’imbriquer dans l’histoire et à posséder des bases d’Anglais sous peine de se sentir seul. Voici, alors, le point négatif le plus retord de Yakuza Zero, une traduction uniquement en Anglais, et qui, à cause de cela, passe à côté d’un large public pas très à l’aise avec la langue de Shakespeare ou celle de Mishima ; et c’est bien dommage !

Au final, l’on pourrait presque croire à un récit inoubliable du côté Japonais, mais c’est pourtant bien le cas. Prenant, magistralement mis en scène, avec de l’humour à juste dose et plein de saveur, Yakuza Zero est un excellent titre et un très bon prologue à Yakuza Kiwami. Si l’Anglais ne vous fait pas peur, vous ne regretterez jamais cette nouvelle aventure pleine de surprises et assez longue dans son déroulement principal (plus de 20 heures, sans tous les à-côtés). Pour les autres, malheureusement, il pourrait s’avérer compliqué de se laisser prendre au jeu, et c’est bien dommage.

Verdict !

     
Graphisme

L’évolution face aux épisodes sortis sur PS3 est flagrante. Certes, l’on retrouve encore quelques animations robotiques et des PNJ bien moins modélisés, mais il est indéniable que Yakuza Zero est une nouvelle marche dans la licence, avec ses nombreux effets de lumière et textures convaincantes (les flaques d’eau par exemple). Nous pourrons toutefois regretter la présence d’un clipping perturbateur, même si ce dernier est rare.

17 / 20
     
Jouabilité Un exemple parfait de ce que nous aimerions retrouver ailleurs. Si l’on fait abstraction d’une certaine illisibilité lors de certains combats et de styles de luttes assez à l’étroit ici, le reste n’est qu’une confirmation d’un talent acquis au fil des ans.
 18 / 20
     
Bande Son
Impossible de ne pas être émerveillé devant l’univers dans lequel nous évoluons. Les cinématiques prêtent à sourire tant les dialogues sont travaillés, et les différents espaces de Kamurocho sont criants de vie. Notons également les musiques qui collent à l’action, et l’on obtient, encore une fois, un remarquable travail.
 19 / 20
     
Contenu
Si l’histoire vous tiendra en haleine de longues heures durant, que dire des nombreux lieux à visiter et des multiples mini-jeux à conquérir ? Vous l’aurez compris, Yakuza Zero possède un cachet certain, et demande un temps considérable pour une finition parfaite, sans compter les abondantes quêtes annexes !
 18 / 20
     
Fun Voilà le point qui divise. Soit nous sommes à l’aise en Anglais, soit nous ne le sommes pas. Si l’Anglais n’est pas un frein pour vous, sachez que vous prendrez un plaisir immense à déambuler dans les rues. En revanche, dans le cas où la compréhension n’est pas de mise, l’on pourrait se demander ce que nous faisons ici. 18 / 20
     
   Conclusion  
     
Les plus
  Les moins
Un excellent Yakuza !   Certains styles de combats
La bande-son   Des défauts… Mineurs
L’histoire  
La liberté  
Note Finale
  18/20
Comment ne pas accueillir Yakuza Zero les bras grands ouverts ? Sans changer de concept, la licence se permet de se peaufiner toujours un peu plus au fil des épisodes, et, à l’heure actuelle en Europe, l’on se retrouve, nez à nez, avec l’épisode le plus nerveux à ce jour. Une aventure unique et brillante, qui se veut une belle mise en bouche avant Yakuza Kiwami, qui offrira une refonte du premier épisode de Yakuza.

XCh4oSX

Joueur invétéré, j'aime changer d'univers et reste à la constante recherche du successeur de Shenmue ; bien sûr, je n'oublie pas Yakuza et Persona, ni ces chers Sonic et Conker.

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